Adiós, Claudia Cardinale
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Adiós, Claudia Cardinale
Claude Cardinale (/klodja kaʁdinal/[a] ; en italien : /ˈklaudja kardiˈnale/[b]), née le 15 avril 1938 à La Goulette en Tunisie et morte le 23 septembre 2025 à Nemours en France, est une actrice et mannequin franco–italienne établie en France.
Après avoir grandi entre Tunis et La Goulette, elle est élue en 1957, un an après l’indépendance du pays, « la plus belle Italienne de Tunisie ». En cet honneur, elle reçoit comme prix un voyage à la Mostra de Venise, ce qui lui permet d’obtenir rapidement des contrats de cinéma, notamment grâce à Franco Cristaldi, qui sera son mentor pendant plusieurs années et qu’elle épousera par la suite. Elle débute en 1958, dans un petit rôle aux côtés de la vedette égyptienne Omar Sharif dans Goha de Jacques Baratier. Sa carrière s’étendra sur plus de soixante ans, marquant durablement l’histoire du cinéma.
Elle a joué dans un large éventail de genres cinématographiques : des comédies à l’italienne aux westerns spaghetti, des drames sociaux aux fresques historiques, des films de mafieux aux films de guerre et des comédies de mœurs hollywoodiennes aux films de cape et d’épée français, tout en travaillant occasionnellement dans le domaine de la musique, du théâtre et de la télévision. Elle a joué dans près de cent cinquante films[2], dont certains sont considérés comme des jalons du grand cinéma d’auteur.
Considérée comme l’actrice italienne la plus en vue des années 1960[3], Claudia Cardinale a été la seule à atteindre une notoriété internationale comparable à celle de Sophia Loren[4] et de Gina Lollobrigida, qui faisaient toutes deux partie de la génération précédente d’actrices apparues dans les années 1950. La presse internationale l’a souvent qualifiée de plus belle femme du monde au cours de cette décennie[5]. En 1961, la presse française titre sur ses initiales « CC », en clin d’œil aux initiales « BB » de Brigitte Bardot, avec laquelle elle tournera dix ans plus tard la comédie Les Pétroleuses. Elle est également étroitement associée à Alain Delon dans le cinéma français. Ensemble, ils forment l’un des couples les plus emblématiques de l’histoire du cinéma européen, notamment à travers leurs collaborations dans Le Guépard (1963) et Rocco et ses frères, deux chefs-d’œuvre du réalisateur Luchino Visconti et parmi les films italiens les plus célèbres de tous les temps.
Sa « beauté à la fois solaire et nocturne, délicate et incisive, énigmatique et troublante »[4] a été mise en valeur par les principaux réalisateurs de l’âge d’or du cinéma italien au xxe siècle[6].
On notera en particulier ses interprétations pour :
- Mario Monicelli (Le Pigeon);
- Luchino Visconti (Rocco et ses frères, Le Guépard, Sandra);
- Federico Fellini (Huit et demi);
- Mauro Bolognini (Le Bel Antonio, Le Mauvais Chemin, Quand la chair succombe, Liberté, mon amour !);
- Valerio Zurlini (La Fille à la valise);
- Luigi Comencini (La ragazza);
- Liliana Cavani (La Peau);
- Sergio Leone (Il était une fois dans l’Ouest);
- Luigi Zampa (Bello, onesto, emigrato Australia sposerebbe compaesana illibata);
- Luigi Magni (Les Conspirateurs);
- Damiano Damiani (La Mafia fait la loi).
Côté étranger, elle a été dirigée par de grands réalisateurs tels qu’Abel Gance, Philippe de Broca, Henri Verneuil, Mikhaïl Kalatozov, Jerzy Skolimowski, Blake Edwards, Werner Herzog, Souheil Ben Barka, Fernando Trueba ou Manoel de Oliveira.
Claudia Cardinale a reçu des prix et des récompenses pour ses prestations : en 1984, elle a remporté le prix Pasinetti de la meilleure actrice à la Mostra de Venise 1985 pour Claretta, ainsi que cinq David di Donatello, cinq Rubans d’argent, trois Globes d’or et une Grolla d’oro de la meilleure interprétation féminine.
Au plan international, elle a reçu le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise, l’Ours d’or d’honneur à la Berlinale, l’Aigle d’or au Festival du film de Moscou, le prix Lumière[7] et de nombreux autres prix (compétitifs et honorifiques) pour sa carrière cinématographique.
Comme d’autres actrices de sa génération, elle a incarné un nouveau modèle féminin, une femme émancipée, volontaire et battante qui se veut libre et indépendante[4], qui s’assume et qui aspire à un rôle égal dans les relations affectives et professionnelles[8]. Se disant « féministe convaincue »[9], Claudia Cardinale est ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour la défense des droits des femmes depuis mars 2000.